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1Soudain le 4 octobre 1944 à 10h36

Sans qu’aucun bruit ne l’ait précédée, une déflagration souffle tout le centre ville de Deuil-La Barre. Un énorme nuage de poussière, de fumée, de débris divers, s’élève. Lorsque la fumée se dissipe, les poussières et les débris retombent, l’ampleur des destructions apparaît clairement. Les bâtiments qui enserraient l’église ont été littéralement soufflés et le chevet de celle-ci, invisible jusqu’alors, se montre complètement éventré. Sur plusieurs centaines de mètres à la ronde, ce ne sont que murs effondrés, toitures béantes, amoncellements de tuiles fracassées et de verre brisé. Plus rien ne sera comme avant...

Sur place, au tonnerre de l’explosion et des effondrements succède le silence. Puis l’on entend les cris apeurés des survivants, les plaintes des blessés, les pas rapides de toute une population anxieuse de comprendre ce qui vient de se passer et accourt vers les lieux du drame.

Chacun pense aux enfants des écoles Sainte-Marie et du groupe scolaire Pasteur. Heureusement, aucun enfant n’est sérieusement atteint. Quelques-uns ont reçu des éclats de verre mais il y a plus de peur que de mal. Un vrai miracle lorsque l’on voit l’état des maisons et immeubles du quartier. Il y a de très nombreux blessés par éclats de verre ou par la chute de tuiles et débris divers. Le décompte total n’a pas été encore fait. Devant l’ampleur des dégâts, les moins touchés n’ont pas cherché à se faire plaindre.


2Le 4 octobre 1944 : L’après V2

Très vite les secours s’organisent. Pompiers, secouristes, bénévoles affluent, non seulement de Deuil mais aussi des communes voisines. L’armée américaine envoie rapidement des hommes et du matériel. Il s’agit pour les Américains de venir au secours d’une population en peine mais aussi de collecter tous les débris et indices leur permettant de mieux cerner ces engins encore mal connus. Dès le mercredi soir, la circulation est rétablie dans la rue de la Mairie mais les routes menant au centre ville sont barrées afin d’éviter les pillages et l’afflux des curieux.


Que s’est-il passé ?

Ce n’est pas le ciel qui est tombé sur la tête des Deuillois mais un V2. Il faudra cependant du temps pour identifier la cause exacte de ce désastre et bien des questions revenaient sans cesse dans les conversations. Est-ce un V1 ou un V2 qui est tombé sur la ville ? D’où venait-il ? Pourquoi Deuil ?

L’effet de surprise est total. Bien sûr, chacun est conscient que la guerre n’est pas terminée, il y a des hommes qui combattent, les prisonniers ne sont pas rentrés mais la ville a été libérée le 27 août 1944 par les troupes de la 2e DB du Général Leclerc. C’est dans la liesse que les Deuillois fêtent la Libération de la Ville le 31 août 1944. L’air que l’on respire semble cependant plus léger. Le 2 octobre 1944, la directrice de l’école Pasteur inscrit sur le registre de l’école qu’elle se réjouit d’une rentrée des classes effectuée « dans une atmosphère de sécurité retrouvée. »

Il est impossible dans les premiers temps d’analyser clairement cette situation. Pourtant, il est évident qu’il ne s’agit pas d’un bombardement classique. Les bombes sont lancées depuis des avions et il n’y a pas eu d’avion, il doit donc s’agir de ces nouvelles armes, les V1 ou V2 dont on commence à parler. Les informations que l’on trouve dans les journaux et que l’on entend à la radio, sont confuses...


3bV1 et V2
les armes miracle d’Hitler !

Malgré les débarquements de juin et août 1944, le recul incessant des troupes allemandes sur tous les fronts, Hitler est déterminé à aller jusqu’au bout. La propagande nazie continue d’affirmer à une population allemande exténuée, victime de bombardements meurtriers et qui dans sa majorité ne croit plus à la victoire, que le cours de la guerre peut encore changer.

Des armes nouvelles sont mises au point secrètement et elles vont contraindre les adversaires du Reich à capituler. Ce sont les armes de la dernière chance, les Wunderwaffen : Armes miracles. Les V1 dépendent de l’armée de l’air et les V2 de l’armée de terre. Il y a rivalité entre les deux armées qui ont leur base de recherche sur la même île de Peenemünde sur la Baltique.

Après les bombardements alliés de 1943 sur l’île de Peenemünde, la fabrication de ces armes est déplacée dans une nouvelle base souterraine cette fois, dans des galeries d’anciennes mines du massif de Harz au coeur de l’Allemagne. Elles nécessitent des aménagements de grande envergure. La main d’oeuvre concentrationnaire des camps de Dora, Buchenwald et Nordhausen y est employée, travaillant dans des conditions atroces. 8 septembre 1944, le programme V2 commence le par 2 tirs sur la France. Il y a eu 3170 tirs de V2 : 1664 sur la Belgique, 1403 sur l’Angleterre, 73 sur la France, dont 25 sur Lille et 19 sur Paris. Dès le 29 septembre, des tirs sont effectués depuis le territoire allemande dans la région de Merzig, petite ville de la Sarre allemande. C’est de là qu’est parti le V2 qui s’est abattu sur Deuil. Paris est épargnée. Ceci est dû à une décision prise par Hitler le 2 octobre l’ordre n’est pas immédiatement appliqué et les tirs prévus les 3, 4 et 5 octobre ont lieu.


3

Les Victimes Un V2 qui endeuille...

Les secouristes arrivent rapidement sur les lieux et ont pour premier soucis de dégager les victimes. Pour 11 d’entre elles, il était trop tard et dans les jours suivants 3 personnes grièvement blessées décèdent des suites de leurs blessures. Quelques temps plus tard, à côté de leur nom inscrit sur le registre d’état civil, est portée la mention « Mort pour la France ».

Décédés le 4 octobre :
Simone Boncourt épouse Collin
Léon Cerede
Alphonsine Delaunnay épouse Rovelli
Jules Dupont, Curé de Deuil
Léonie Dury épouse Billecoq
Marie-Aimée Fleureau veuve Mathieu
Yvette Lamoureux
René Lefebvre
Violette Maillard épouse Marin
Alice Mathieu épouse Lamoureux
Georges Ranvier

Décédés quelques jours plus tard des suites de leurs blessures :
Ildephonse Lyon
Marie-Louise Renard épouse Leguillier
Juliette Vincent épouse Lyon

Au presbytère, le Père Dupont curé de la paroisse, assis à son bureau au moment de l’explosion est complètement déchiqueté et sa servante littéralement cassée en deux. Une rue entre la mairie principale et la mairie annexe porte son nom. De la boulangerie qui jouxte presque l’église et dont c’est heureusement le jour de fermeture, il ne reste que des ruines. Le boulanger est absent mais lorsqu’il rentre, il apprend que sa femme, sa fille et sa belle-mère ont péri, projetées contre le mur de leur escalier. La pharmacienne a eu plus de chance mais est ensevelie jusqu’au cou par les débris tranchants. Elle reste très choquée mentalement par le drame. Une soixantaine de blessés plus ou moins touchés sont hospitalisés, certains pour plusieurs semaines.


6

Une église ancienne...

Au XIIIe siècle, le choeur roman est démoli et remplacé par un choeur avec des colonnes jumelles en demi-cercle qui le séparent du déambulatoire gothique. L’église a nécessité au cours des siècles des travaux de restauration qui en ont peu à peu dénaturé l’aspect originel. En 1944, l’extérieur de l’église est recouvert d’un crépi et le chevet est totalement enserré dans des constructions diverses qui le rendent invisible.

Malgré l’ampleur des dégâts et après bien des hésitations, au vu de la qualité de son architecture et de ses chapiteaux historiés, il est décidé de restaurer l’église et de lui redonner son aspect d’origine. La direction de cette restauration est confiée à Robert Camelot, architecte en chef des monuments historiques qui a parfaitement mené cette tâche délicate. Il a fallu 10 ans de travaux pour aboutir à la magnifique église que l’on peut admirer aujourd’hui. En hommage à son remarquable travail, la portion de rue entre l’église et la rue Charles-de-Gaulle porte son nom.


7Reconstruire
La naissance d’un nouveau quartier

C’est le coeur de notre ville que le V2 a pulvérisé. Les habitations et les commerces y étaient nombreux. Il faut redonner vie à ce quartier mais il ne s’agit pas de le reconstruire à l’identique. Avant guerre, la question d’un réaménagement complet du centre ville avait déjà été envisagée, car il était mal adapté à la circulation automobile. Il a fallu de longues années pour que le centre ville prenne peu à peu l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui et où peu d’éléments, hormis l’église et sa rue qui rejoint la rue Haute, rappellent le vieux village.


 

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